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Ha la belle mare
NouvelleRinga vous présente sa dernière nouvelle, inspirée d'un de ses rêves.

Stella sortit de sa chambre et se dirigea vers le salon de l’hôtel. C’était loin d’être la première fois qu’elle venait à Londres, mais c’était la première fois qu’elle y venait aussi accompagnée. Aux amis invités et à la famille s’ajoutaient les rencontres qu’elle avait déjà fait depuis son arrivée et qu’elle entretenait avec soin. A chacun de ses déplacements à Londres, elle descendait dans le même hôtel. Un hôtel de luxe dans lequel ils occupaient à peu de choses près tout un étage qui comportait les chambres les plus luxueuses après les suites. Il faut dire que cette jeune aristocrate de 18 ans tout juste et sa famille avaient les moyens de payer pour autant de monde et autant de nuits. Et puis, rien n’est trop beau pour fêter la majorité de la benjamine du clan. Ils avaient déjà fait du shopping dans les plus belles boutiques de la capitale anglaise et n’avaient pas encore fait le tour de tous les restaurants les plus réputés. Bien sûr, les amis de Stella en profitaient tout autant qu’elle et s’étaient vus offrir leurs achats, quelques soient les prix, et une tenue élégante différente pour chaque restaurant visité.

Stella arriva donc au salon où l’attendaient Lorent et Audrey.

- Où sont les autres ? Demanda-t-elle

- Ils se reposent dans leurs chambres, le shopping les a fatigué, dit Audrey

- Il faut avouer que faire deux fois le tour complet de Harrod’s, c’est pas rien, dit Lorent

- Non, c’est normal de faire un tour de repérage avant d’acheter, dit naturellement Stella

- Mais après il faut porter les paquets !

- Ha, c’est à cause de nos quelques paquets qu’on leur a fait porter qu’ils sont épuisés ? Demanda Audrey. Hé bien, heureusement pour eux qu’on a pas fait tous les magasins des alentours.

Stella et Audrey se mirent à rire tandis que Lorent levait les yeux au ciel d’un air faussement désespéré. Ils discutèrent un moment quand Stella vit apparaître Daniel sortant de l’ascenseur.

- Veuillez m’excuser les amis, j’aperçois une connaissance.

- Ben bien sûr, abandonne tes amis pour aller draguer, dit Audrey en rigolant.

Daniel était l’une des rencontres qu’elle avait fait depuis son arrivée. C’était un français de 19 ans qui voyageait seul, issu d’une famille tout aussi nantie que la sienne et qui occupait une des rares chambres laissées libres de l’étage investi par Stella et sa suite. Il avait un air un peu réservé et timide, mais Stella trouvait ça parfaitement charmant. Malgré ses origines bourgeoises et sa bonne éducation, elle comptait bien profiter de sa majorité et de sa jeunesse, et comme toute jeune fille moderne, elle avait toujours sur elle de quoi se protéger si elle parvenait à ses fins.

- Salut Daniel ! Dit-elle l’air rayonnant

- Ha salut Stella, répondit-il après un léger sursaut

- Tu vas te balader ?

- Heu oui, j’ai promis à ma mère de lui ramener le dernier sac de Marc Jacobs, dit-il en rougissant

- Ho, ta mère a très bon goût, je l’ai justement acheté ce matin ! Je t’accompagne si tu veux, je sais où le trouver

- Heu, je voudrais pas t’enlever à tes amis. Ils nous regardent déjà fixement comme s’ils attendaient ton retour avec impatience

- Ne t’occupe pas d’eux ! ils survivront. On y va ? Demanda-t-elle en attrapant son bras

- Heu, d’accord allons-y, répondit-il plus rouge que jamais.

Ils passèrent l’après-midi à faire les magasins. Stella, toujours accrochée au bras de Daniel, le bombardait de compliments et lui faisait quelques avances de plus en plus poussées selon que l’après-midi avançait. Il se laissait faire mais ne savait jamais que répondre, c’était bien la première fois qu’il était si courtisé par une si jolie fille. Il était très beau garçon, mais sa timidité repoussait toutes les filles de son âge. Ceci ne freinait en rien Stella, qui comprenant ce trait de sa personnalité avait trouvé le moyen de concrétiser sans qu’il ait à dire quoique ce soit de spécial.

- Il y a une très jolie robe qui va avec ce sac, peut-être que ça ferait plaisir à ta mère ?

- Je ne sais pas, il faudrait que je la voie. Elle est très exigeante pour ses robes.

- Le magasin qui la vend est à l’autre bout de la ville et il se fait tard. Si tu veux, quand on rentrera, tu m’accompagneras dans ma chambre, je te la montrerai avant de partir au restaurant avec mes amis. Peut-être nous accompagneras- tu. Ajouta-t-elle avec un sourire

Daniel saisit cette occasion en or et accepta. Arrivés dans le hall, Stella remarqua que Lorent et Audrey n’étaient plus dans le petit salon et en fut soulagée. Rien ne devait perturber cet instant, il n’y avait plus que Daniel et elle. L’ascenseur était bondé, mais elle se rassurait en se disant que l’étage était certainement aussi vide que d’habitude, les passages étant peu fréquents. Erreur. A peine avaient-ils fait quelques pas hors de l’ascenseur qu’il virent un monde fou agglutiné devant une porte. Elle reconnu la majorité de ces personnes et fut navrée lorsqu’elle vit sa grand-mère sortir de la foule pour lui parler.

- Où étais-tu ?

Mais à peine avait-elle ouvert la bouche que sa grand-mère la coupa après un bref regard vers Daniel.

- Peu importe, ça attendra.

- Mais qu’est-ce qui se passe ? Demanda Stella

- C’est Mme Raymond. Ca fait un moment que je frappe à sa porte mais elle ne répond pas.

- Elle doit être en train de dormir, elle n’est plus toute jeune.

- Je te remercie de ta délicatesse. Je te ferai remarquer qu’elle était plus jeune que moi !

- Oui mais toi…, commença Stella mais s’arrêta aussitôt en voyant le regard de sa grand-mère. Hé bien elle doit être sortie ! Elle n’est pas obligée d’être à ta disposition au moindre moment où tu décides d’aller frapper à sa porte.

- Cesse de faire ton insolente veux-tu ? Dit la grand-mère qui avait horreur qu’on lui prouve qu’elle pouvait se tromper. Voilà plusieurs jours que personne ne l’a vue et la réception est formelle, elle est forcément dans sa chambre, ils n’ont plus la clef.

- Oui, ben jusque là je ne me sens pas concernée, on vous laisse, dit Stella qui ne rêvait que de rejoindre sa chambre.

- Non non, tu vas aller dans ma chambre chercher le double de la clef de Mme Raymond.

- Tu as le double de sa clef ? Demanda-t-elle d’un air étonné

- Oui. Nous avons fait un peu connaissance et comme elle voyage seule, elle m’avait laissé la deuxième clef en cas de nécessité. La pauvre devait avoir un pressentiment.

- Mais on peut pas demander le passe partout des concierges ?

- Stella, ne joue pas les jeunes filles hautaines !

- Mais je ne suis pas obligée d’être impliquée dans tout ce qui se passe à cet étage quand même ? Dit-elle en s’énervant de plus en plus

- Stella, vas-y et dépêche-toi, je veux te voir courir, tu as déjà perdu assez de temps en bavardage !

Elle allait répliquer mais se ravisa une nouvelle fois en voyant le regard autoritaire de sa grand-mère. C’est à contre-cœur qu’elle lâcha le bras de Daniel et se mit à courir dans les couloirs. Elle pris dans sa poche la clef de la chambre de sa grand-mère, et, après cinq minutes, revint avec la clef de la chambre de Mme Raymond.

- Ouvre la porte ! Ordonna sa grand-mère

Stella s’exécuta. Certaine d’avoir raison, elle savait qu’elle ne trouverait rien à l’intérieur et s’engouffra dans la pièce la première. Mais elle s’était trompée. Elle tomba nez à nez avec le corps de Mme Raymond gisant dans une mare de sang. Elle laissa échapper un cri et se précipita hors de la pièce, terrifiée. Elle alla se coller contre le mur qui faisait face à la porte alors que tout le monde portait son attention à l’intérieur de la pièce.

- Bien joué, lui dit sa grand-mère avant de se frayer un passage jusqu’à la chambre.

Daniel et Audrey vinrent rassurer Stella qui était blanche de peur. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait un mort, mais elle n’en avait jamais vu dans ces conditions. Audrey jugea qu’il était préférable qu’elle retourne à sa chambre. Daniel s’assura qu’il ne pouvait rien faire, et elle emmena Stella. Elle l’allongea sur le lit, resta un instant à ces côtés, mais quand elle voulut partir, Stella la retint.

- Non, ne me laisse pas seule !

- Voyons Stella, il ne t’arrivera rien ici et ma chambre est juste à côté.

- Je sais mais reste, s’il te plait. Ca fait un moment qu’on a plus passer de nuit dans la même pièce.

- Ca va quand on est petites, on a un peu passer l’âge tu crois pas ?

- S’il te plait, insista Stella

- Bon, mais je veux que tu me racontes tout sur ton après-midi avec Daniel !

Elles passèrent un long moment à discuter, Audrey s’extasiant devant l’audace de sa meilleure amie envers Daniel. Elles finirent par s’endormir dans le grand lit.

Le lendemain, quand Stella se réveilla, Audrey était prête à sortir de la chambre.

- Je vais juste prendre une douche et me changer dans ma chambre, je reviens après.

Stella reposa sa tête sur l’oreiller et se rendormit aussitôt. Quand elle se réveilla à nouveau, la pièce était envahie de personnes beaucoup moins sympathiques à son égard.

- Que se passe-t-il?

- Stella Desmarets ? Demanda un des hommes

- Oui, dit-elle. Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle encore

- Veuillez nous suivre au commissariat sans faire d’histoires, nous avons quelques questions à vous poser.

- A quel sujet ?

- Nous vous expliquerons tout là bas, suivez-nous s’il vous plait.

- Mais enfin, dites-moi ce que vous me voulez !

- Vous refusez de nous suivre ? Dans ce cas nous devrons utiliser la force.

- Je veux juste savoir ce qu’on me reproche ! Si c’est au sujet de Mme Raymond, ça sera rapide, je suis rentrée dans la chambre, j’ai vu ce que vous avez vu, et ça s’arrête là !

Mais le policier qui avait déjà compris qu’elle ne se laisserait pas faire lui attrapa un bras et lui passa les menottes.

- Mais enfin, tout le monde va croire que j’ai fait quelque chose de contraire à la loi !

- Refus d’obtempérer. En plus de cela, vous êtes suspectée de meurtre et devrez subir un interrogatoire.

- Quoi ?? Suspectée de meurtre ? C’est une blague j’espère !

- Nous avons rarement l’occasion de plaisanter dans notre milieu, mademoiselle.

Et elle ne put rien répondre. Elle fut emmenée dans le couloir où tout le monde était sorti sur le pas de leur porte. Elle vit ses parents accourir essayant de la rassurer, qu’elle n’avait rien fait de mal, qu’elle ne pouvait pas être mise en prison. Elle vit avec stupeur que sa grand-mère était aussi emmenée menottes aux poignets vers les ascenseurs. Elle se débattait avec force, criant qu’ils ne pouvaient emmener contre son gré une personne de son importance et qu’ils le regretteraient. Cela ne changea rien, et en attendant les ascenseurs, Stella vit Daniel sortir de sa chambre et s’arrêter net à la vue de ce spectacle. Elle le regarda droit dans les yeux pour lui faire comprendre sans mots qu’elle n’avait rien fait de mal et qu’elle avait plus peur qu’autre chose. Daniel sembla comprendre et la regarda d’un air compatissant.

Quand elles furent arrivées au commissariat, les interrogatoires épuisants commencèrent. On les interrogeait en même temps dans des salles différentes pendant des journées entières. On leur posaient toujours les même questions.

- Connaissiez-vous la victime ?

- je vous l’ai déjà dit des dizaines de fois, dit Stella, éreintée

- Répondez !

- Non je ne la connaissais pas, mais j’ai sans doute dû la croiser une ou deux fois, nous étions au même étage.

- Votre grand-mère la connaissait-elle ?

- Il faut croire puisqu’elle lui avait confié le double de sa clef.

- Vous ne vous souvenez pas de les avoir vues ensemble ?

- Je ne me préoccupe pas des faits et gestes de chaque personne m’accompagnant. Dans la journée, chacun fait ce qu’il veut et on se retrouve tous au soir au restaurant. Et puis je vous l’ai déjà dit, je ne suis pas physionomiste. Ajouta-t-elle

- Peut-être qu’en vous montrant cette photo une nouvelle fois, dit le commissaire en tendant la photo de la vieille dame dans la mare de sang

- Non, non !! Cachez cette photo ! Dit Stella en fermant les yeux

- Peut-être ne supportez-vous pas la vue de votre œuvre ?

- Quoi ?? Mon œuvre ? Qu’entendez-vous par là ?

- J’entends que vous avez tué cette femme et que vous vous êtes bien gardée de nous le dire !

- Pardon ? Mais je m’évertue à répondre à vos questions depuis trois jours, je ne vois pas ce qui peut laisser croire que je suis coupable, c’est absurde, vous n’avez rien pour le prouver ! Je veux un avocat !

- Détrompez-vous mademoiselle, nous avons des témoignages !

- Vous allez me sortir quelqu’un qui a vu de ses propres yeux que je tuais Mme Raymond ?

- Non, c’est plus subtil. Des témoins nous on rapporté comment votre grand-mère vous a félicité après votre comédie quand vous avez découvert le corps. Et comment elle a utilisé le passé pour dire que Mme Raymond était plus jeune qu’elle.

- C’est n’importe quoi, vous n’arriverez jamais à me faire condamner avec si peu ! Et qui vous a rapporté ces bêtises ?

- Ca ne vous regarde pas. Mais j’ai aussi des aveux de votre grand-mère.

- Ca, ça m’étonnerait !

- Pourtant, c’est le cas. Et ajouté aux témoins présent lors de votre altercation avec Mme Raymond dans le bar de l’hôtel, nous avons de quoi vous faire plonger, croyez-moi !

- D’autres témoignages encore ? Mais vous délirez !

- Maintenant ça suffit votre petite comédie, vous feriez mieux de nous expliquer ce qui s’est passé ce soir là dans le bar !

Stella regarda autour d’elle, tremblante de peur et de fatigue. Elle comprit qu’elle ne pouvait plus rien faire et se décida.

- Ce soir-là, j’étais repassée au bar avec Lorent et Audrey après le restaurant. Ma grand-mère et mes parents s’étaient installés à une autre table plus loin. La serveuse est venue prendre nos commandes. Elle portait un chemisier rayé et une jupe noire, tout comme moi. Alors Mme Raymond, qui passait devant nous à ce moment a fait une remarque à ce sujet. Une remarque désobligeante.

- Qu’a-t-elle dit exactement ?

- Elle nous a comparé. Elle a demandé ironiquement si c’était une soirée déguisée à thème. Le thème était selon elle ‘‘Les métiers de basse classe’’. Elle a ajouté que j’avais dû m’inspirer de ‘‘mon amie la serveuse’’ et que la ressemblance était frappante. ‘‘A s’y méprendre’’ a-t-elle dit.

- Pourquoi a-t-elle fait une telle remarque ?

- Parce que c’était une mauvaise femme. Une vieille bique qui a toujours détesté les jeunes.

- Mais elle aurait pu se douter que ça ne plairait pas à votre grand-mère, avec qui elle s’entendait plutôt bien.

- Elle ne savait pas que c’était ma grand-mère. Elle a pour habitude de ne jamais trop parler d’elle. Et comme cette vieille bique ne parlait que d’elle-même, elle n’a jamais eu l’occasion d’en placer une.

- Soit, qu’avez-vous fait à cet instant ?

- Je me suis levée, et j’ai crié, comme je n’avais jamais crié.

- Qu’avez-vous crié au juste ?

- Je ne sais plus exactement. Je disais que ce n’était pas du tout le moment de m’énerver, qu’elle n’avait aucun commentaire à faire sur ma tenue vu la sienne, et…

- Et… ?

- Et qu’elle le regretterait, acheva Stella en baissant les yeux

- Ca, on peut dire que vous tenez votre parole ! Maintenant expliquez nous les circonstances du meurtre.

Elle expliqua et tout concordait avec les aveux de sa grand-mère. Le plan fut mis en œuvre par la grand-mère. Elle mit son fils au courant, car elle avait besoin de lui dans ce plan. Il avait la chambre juste à côté de celle de Mme Raymond. Elle fut invitée à y entrer par la grand-mère Desmarets en l’absence de la mère de Stella, en déplacement à Liverpool. Ne se méfiant guère, c’est ainsi que trois générations d’assassins lui tombèrent dessus, armés des barres de fer qu’ils avaient démonté dans la penderie. La fille frappa en premier en pleine tête. Le père frappa en second dans le coup. La grand-mère frappa enfin au niveau du ventre. Mme Raymond s’effondra sur le rideau de douche préalablement posé au sol. Stella retourna alors dans sa chambre. Quand elle avait ouvert la porte de la chambre de Mme Raymond, elle avait cependant eu réellement peur. Avec l’après-midi qu’elle venait de passer, elle ne pensait plus au fait que son père et sa grand-mère avaient déplacé le corps jusque dans sa chambre. Le rideau de douche et les barres, nettoyés, avaient retrouvé leur place dans la salle de bain et la penderie et Mme Raymond dans sa chambre, l’affront avait été lavé dans le sang, les assassins pouvaient dormir tranquillement.

Lors du procès, Stella, son père et sa grand-mère subirent les regards haineux de la famille de Mme Raymond avec dignité. Ils n’avaient aucune intention de baisser la tête, et encore moins d’émettre des regrets. C’était cependant plus difficile pour Stella qui avait peur d’entendre l’ampleur de la sentence qu’ils allaient avoir à affronter. Elle cru un instant qu’elle pourrait compter sur le regard compatissant de Daniel, présent ce jour-là, mais elle fut horrifiée lorsqu’elle s’aperçut qu’il était le témoin numéro un.

- Mr Daniel Borley, jurez-vous de dire toute la vérité ?

- Je le jure, dit le jeune homme

Et il raconta tout ce qu’il avait vu au bar et dans le couloir. Stella commença à se sentir mal à l’évocation des faits mais sa grand-mère la rappela à l’ordre.

- Relève la tête !

- Silence les accusés ! S’exclama le juge.

Le père et la fille furent condamnés à 15 ans de prison, et la grand-mère à 20 ans pour avoir élaboré ce plan. Ils furent séparés à leur arrivée et Stella ne tarda pas à avoir de la visite. D’abord sa mère, ensuite Lorent et Audrey, qui venaient lui exprimer leur compassion pour une peine aussi lourde. Ensuite, ce fut Daniel qui se présenta.

- Tu ne manques pas de culot toi ! Dit Stella

- Bonjour, répondit simplement Daniel.

- Comment tu oses venir me voir après ce que tu as fait ?

- Je n’ai fait que mon devoir de citoyen.

- Ben on peut dire que tu caches bien ton jeu sous tes airs de grand timide !

- Détrompe-toi, je suis réellement très timide. J’ai juste un bon sens civique.

- Oui bien sûr, paye-toi ma tête en plus de ça !

- Calme-toi, voyons. Dit-il calmement

- Que je me calme ? Mais je rêve. Tu me fais plonger en prison, tu viens me relancer ici et il faudrait que je t’accueille à bras ouverts ?

- Je comprends que tu sois en colère, mais ne t’inquiète pas, ça te passera. Et à ta sortie de prison, je serai là.

- Quoi ? Parce que tu penses vraiment que je vais te sauter dans les bras dès ma sortie, qu’on va se marier et vivre heureux ? Dit ironiquement Stella qui s’énervait de plus en plus.

- Après avoir purgé ta peine, ça m’étonnerait qu’un homme de bonne famille t’accepte pour épouse. Avoir pour femme une meurtrière, quel déshonneur.

- Mais tu te trompes, car si je l’ai fait, c’était pour me venger ! Cette vieille cinglée a osé me comparer à une serveuse, moi ! C’est un crime d’honneur, et les bonnes familles sauront le reconnaître et le considérer en temps que tel ! Personne jusqu’ici ne m’a fait remarquer que ce que j’ai fait était odieux ! Ils ont tous compris.

- Car tu n’as vu que tes amis les plus proches. Reviens sur terre Stella, nous ne sommes plus en 1800 !

Stella s’arrêta un instant, réfléchit, et reprit la parole aussitôt.

- Et même si ce que tu dis est vrai, pourquoi voudrais-tu de moi comme épouse ? Ne serait-ce pas un déshonneur pour toi ? Sans compter que rien ne t’empêche d’épouser n’importe quelle autre fille de bonne famille.

- Et c’est là qu’intervient ma grande timidité. Je suis tétanisé lorsqu’il faut dire quelque chose à une fille, et ça les repousse toutes.

- Mouai, dit Stella dubitative. Mais ça serait quand même un déshonneur sur la famille Borley ! Ce que tu dis n’as aucun sens.

- Hé non, c’est mon témoignage qui a servi à te faire plonger en prison. Lorsque tu sortiras de prison, tu auras payé pour ta faute grâce à moi, et je pourrai t’épouser. Je dois m’en aller maintenant, j’essayerai de venir te voir de temps en temps. A plus tard !

Et il sortit avant que Stella n’ait pu ajouter un mot. Le doute l’avait envahie, et elle commençait à se demander si Daniel n’avait pas raison. Elle se reprit et revint sur ses positions, c’était un crime d’honneur qui serait reconnu en temps que tel. A chaque nouvelle visite de Daniel, celui-ci lui donnait des nouvelles de lui et de sa famille, ce qu’elle n’écoutait qu’avec inattention.

Quatre ans plus tard, elle apprit que sa grand-mère était morte dans sa cellule. Elle bénéficia d’une permission pour assister à l’enterrement sous haute surveillance. C’est ce jour-là qu’elle se rendit compte que personne parmi les amis de la famille ne s’était déplacé, pas même Lorent et Audrey dont les visites s’étaient espacées. Il n’y avait que sa famille, qu’elle pu retrouver l’espace d’une journée, et Daniel qui était venu avec ses parents. Elle se rendit compte que Daniel avait parfaitement raison et qu’il ne lui restait qu’une solution si elle ne voulait pas finir ses jours seule.

Les visites suivantes de Daniel se passèrent un peu mieux. Stella sortit de prison après 8 ans pour bonne conduite et il était effectivement là ce jour-là. Elle se laissa charmer et accepta le mariage. Il avait trouver le moyen d’épouser une jolie fille riche sans qu’elle ne soit la dominante du couple, ce qui s’était souvent passé lors de ses précédentes conquêtes à cause de sa timidité hors-norme. Mais Stella constata plus tard avec étonnement qu’il l’aimait sincèrement. Elle avait développé beaucoup d’affection pour lui, mais elle ne perdit jamais à l’esprit qu’elle avait trahi sa grand-mère. Elle était morte en prison pour avoir défendu son honneur, et voilà qu’elle se laissait humilier par celui qui l’avait fait plonger en prison en acceptant de l’épouser.

Cette idée ne la quittera jamais.

FIN
Proposé par : Ringa
 
 
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